Tu sais ce qui se passe à chaque fois qu’on sort un appareil photo ?
Tout le monde se raidit. Les enfants figent leur sourire, les adultes rentrent le ventre, et d’un coup, ce qui était vivant il y a deux secondes devient… une photo de catalogue.
Et si je te disais que les plus belles images arrivent justement quand on arrête de faire semblant ?
Tout part d’un manque
J’ai grandi dans une famille éclatée après le divorce de mes parents. Et avec cette rupture, il y a eu un vide : très peu d’images de nous, avant. Peu de preuves visibles que cette famille avait existé, unie, joyeuse.
Ça m’a marquée. Longtemps.
J’ai compris très tôt que les photos ne sont pas que des souvenirs. Ce sont des points d’ancrage. Des refuges. Des preuves silencieuses que l’amour était là, même quand tout s’est effondré.
C’est pour ça que je photographie comme je photographie aujourd’hui.
Ce que la pose empêche
Quand on demande à quelqu’un de poser, on lui demande en fait de jouer un rôle. D’être la version « présentable » de lui-même. Celle qui sourit bien, qui se tient droit, qui a l’air heureux sur commande.
Sauf que la vie, elle ne ressemble pas à ça.
Elle ressemble à une main qui cherche une autre main. À un regard fatigué mais rempli d’amour. À un enfant qui refuse de regarder l’objectif parce qu’il est concentré sur son jeu. À ces moments où tu ne sais même pas qu’on te regarde, et c’est justement là que tu es le plus toi.
Les poses figées, elles racontent une version lisse de ta famille. Moi, je veux raconter la vraie.

Quand je suis devenue maman, mon regard s’est transformé.
Comment je fais concrètement
Je débarque chez toi avec mon appareil, oui. Mais je ne viens pas diriger un shooting.
Je viens observer. Ressentir. Comprendre ce qui vous lie.
Je te laisse vivre. Cuisiner, jouer avec tes enfants, lire, te poser sur le canapé. Parfois même vous chamailler un peu, parce que ça aussi, ça fait partie de votre histoire.
Mon boulot, c’est d’être là, attentive, mais invisible. De capter la lumière qui traverse ta cuisine à cette heure-là. Le geste de ton enfant qui grimpe sur toi. Ce moment où ton regard s’attarde sur ton bébé qui dort.
Ça prend du temps. Environ 1h30. Parce qu’on ne peut pas raconter une histoire en 10 minutes chrono.
Être maman a tout changé
Quand je suis devenue maman, mon regard s’est transformé.
Parce que je connais cette fatigue-là. Ce chaos mêlé à la tendresse. Ces corps imparfaits, ces gestes répétés, ce désordre doux qui fait le quotidien.
Je ne photographie plus en spectatrice. Je photographie de l’intérieur. Comme une complice.
Et ça change tout. Parce que je sais où regarder. Je sais ce qui compte. Je sais ce que tu voudras retrouver dans 10 ans.
Ce que deviennent ces images
Avec le temps, ces photos deviennent autre chose.
Elles deviennent des lieux de mémoire. Des fragments de récit que tu pourras transmettre. Des preuves que oui, cette époque a existé, avec sa beauté brute et sa vérité.
Tes enfants grandiront. Ton corps changera. Ta maison ne ressemblera plus à ça. Mais tu auras gardé une trace vraie de qui vous étiez, ensemble, à ce moment précis.
Pas une version retouchée. Pas un sourire forcé.
Juste vous. Tels que vous êtes.









